Témoignage de reconversion et parcours en CAP pâtisserie

Avant de vous lancer dans ce beau métier, si vous êtes ici, c’est que vous vous posez pleins de questions et UNE en particulier : comment se reconvertir en pâtisserie ? – À cette question, il existe plusieurs parcours différents ! Dans cet article, je vous propose de lire le témoignage de Sylvie. Elle nous raconte sa reconversion et son parcours en CAP pâtisserie : ses ressentis, ses retours de stages et son projet professionnel. Bonne lecture !

Temps de lecture : 8 min

Un portrait de profil d’une femme portant un pull à col roulé ocre et un sac blanc. Elle regarde en l’air et ferme les yeux.

« Cette année de pâtisserie a été une superbe expérience, j’ai tellement appris de chose »


— Sylvie
Bonjour Sylvie, pour commencer

Pourrais-tu me parler rapidement de ton parcours scolaire et professionnel avant la pâtisserie ?

J’ai fait un BAC pro secrétariat, puis j’ai poursuivi avec un BTS tourisme que j’ai obtenu, mais ce domaine ne me correspondait pas alors je n’ai pas continué. Ensuite, j’ai travaillé avec mes parents dans l’entreprise familiale en tant qu’ouvrière agricole pendant quelques années avant de me marier et de changer de département, à l’autre bout de la France.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de te reconvertir en pâtisserie ?

En fait, j’ai toujours aimé pâtisser. Je faisais régulièrement des gâteaux pour ma famille, mes neveux et mes nièces. Tout le monde me disait de passer le CAP pâtisserie. C’est seulement après mon déménagement en Vendée avec une année de transition pour réfléchir à ma reconversion professionnel que je me suis lancée. Puis, c’est par le biais d’une connaissance que j’ai entendu parler d’un centre de formation : la MFR = Maison Familial Rurale. Dans la région, c’est une école qui est assez réputée pour les formations en hôtellerie restauration et tous les métiers de bouche.

Note de l’auteur : Lors de ce début d’interview, ce fut la première fois que j’entendais parler de MFR. Après une rapide recherche, c’est exactement le même principe qu’un GRETA et un CFA, soit un centre scolaire qui dispense des formations dans pratiquement tous les domaines professionnels. La particularité des MFR est qu’ils se situent en zone rural et sous contrat avec le ministère de l’agriculture.

Comment as-tu procédé pour intégrer ce parcours de formation ?

Tout d’abord, je me suis renseignée auprès de France Travail et ensuite, je me suis rendue aux portes ouvertes de l’école pour me renseigner. Suite à cela, j’ai eu un entretien où on te demande pourquoi tu veux te lancer dans ce domaine et si tu es vraiment sûr de ton choix.
Il faut savoir que la MFR est partenaire de la région et de France Travail, c’est eux qui financent les formations. Donc, pour être certains que les élèvent ne désertent pas au bout d’une semaine d’école, le centre nous impose de faire un stage d’observation.
J’ai donc demandé une convention de stage auprès de ma conseillère France Travail et j’ai fait deux semaines d’immersion dans une boulangerie pâtisserie. Ensuite, je n’ai pas eu de soucis pour intégrer l’école. Mon stage s’était bien passé et j’étais très motivée.

Tu parles de financement, peux-tu m’en dire plus à ce sujet ?

Oui, alors la formation ne nous coutait rien. Mais, la tenue professionnelle n’était pas fournie, donc c’est la seule dépense qu’on devait faire officiellement. Mise à part ça, l’école nous prêtait la mallette du pâtissier, donc c’est tout le petit matériel nécessaire pour pâtisser (rouleau, fouet, spatule et douilles). Par contre, on ne pouvait pas la prendre à la maison. Cela rend les entraînements à la maison difficiles si l’on n’est pas équipé soi-même…

Sinon, pour ce qui concerne les aides financières pour les élèves, ceux et celles qui bénéficient de l’ARE (allocation chômage) sont aidés par France Travail. Pour ma part, comme je n’avais pas de chômage, c’est la région qui a financé ma formation, mais il faut être inscrit comme demandeur d’emploi pour y avoir droit et monter un dossier. Il me versait environs 700 € par mois pour l’année scolaire. La formation a duré huit mois, de mi-septembre à début juin.

Est-ce qu’il y avait des alternants qui n’étaient pas financés par la région ou France Travail ?

Non, franchement tout le monde était rémunéré. Chaque dossier est différent. La plupart était financé par France Travail, mais par exemple dans ma session il y avait une aide-soignante qui continuait à percevoir son salaire. Elle avait obtenu le droit de formation par son entreprise.

Note de l’auteur : Pour plus d’information sur le projet de PTP (Projet de Transition Professionnel). C’est un dispositif qui permet au salarié de s’absenter de son poste pour se former ou changer de profession sans perte de salaire.

As-tu eu des difficultés à trouver ton stage ?

J’ai démarché des boulangeries près de chez moi, entre trois et quatre. En tant que stagiaire, c’est assez simple de trouver une place. Mais, il faut trouver la bonne. L’ensemble de mes semaines de stage s’est déroulé au sein de la même entreprise. La patronne était bienveillante et puis la boulangerie proposait une large gamme de produits, notamment des pains, des viennoiseries, des produits de snacking et des pâtisseries. Donc, c’était vraiment complet pour que je puisse travailler sur les modules de l’EP1 et l’EP2 du CAP.

Comment était organisé les périodes de cours et de stages ?

De manière générale, c’était une semaine à l’école et deux semaines en entreprises. Et pour les périodes festives comme Pâques ou Noël, nous étions en stage pendant trois semaines, un mois. L’année se répartissait entre 12 semaines de formation théorique et environ 21 semaines consacrées aux stages.

Note de l’auteur : Pour les candidats libres, il faut compter 14 semaines obligatoires. A savoir, pour les organismes de formations pour les adultes tels que les GRETA ou comme ici la MFR, les périodes de stages sont plus importants car ils prévoient une marge. Lorsqu’un élève change de stage en cours de route (exemple : changement d’entreprise après trois jours de stage sur une période de 2 semaines), il perd les jours de stage déjà effectués qui ne sont pas comptabilisés.

Les semaines de cours :

Reprendre les cours a été un peu compliqué… en soi, ce n’est pas difficile mais c’est surtout le fait de devoir se replonger dans les études. Pour les personnes ayant déjà obtenu un CAP ou un Bac, il n’était pas nécessaire de repasser les matières générales comme le français ou les maths. Nous devions uniquement suivre les cours théoriques en lien avec la pâtisserie : la technologie, les sciences appliquées (microbiologie, hygiène alimentaire et du personnel), la gestion de l’entreprise et les cours de pratique. Malgré cela, j’ai trouvé la formation assez exigeante, car il fallait assimiler beaucoup d’informations en moins d’un an.

Mon professeur de pratique nous expliquait que c’était principalement l’entreprise qui nous enseignait le métier, puisque nous y passions davantage de temps. C’est sur le terrain qu’on apprend le plus !
Pour chaque TP (travaux pratique), un thème était défini. Par exemple, lors des premières semaines, nous travaillions sur les tartes. Donc, en entreprise, nous devions alors observer, poser des questions et comprendre les différentes étapes de réalisation : la préparation de la pâte, le montage, la cuisson, ainsi que les techniques utilisées.

À notre retour à l’école, nous réalisions un dossier dans lequel nous décrivions et analysions ce que nous avions appris en entreprise. Ce travail était ensuite revu et mis en application avec le formateur. Pour lui, l’entreprise constitue le premier lieu d’acquisition des compétences tandis que l’école permet de consolider les bases. Pour ma part, j’appréciais particulièrement les TP. Contrairement aux périodes de stage, où le travail était souvent soutenu, le prof prenait le temps pour les explications.

Quels étaient tes horaires de travail et ton ressenti lors de tes stages ?

Ma journée de travail commençait à 6 h du matin et se terminait à 13 h. J’avais droit à 20 minutes de pause dans la journée.

Globalement, j’ai bien aimé mes stages. C’est super de découvrir comment une équipe de pâtissiers travaillent. Par contre, au niveau du rythme c’était très intense. C’était une grande boutique, donc il fallait produire en quantité. Quand vous êtes nouveaux dans le métier, il y a des préparations qu’on ne sait pas encore faire et on prend forcément un peu de temps pour apprendre… Puis, on veut faire les choses bien. Mais en entreprise, il faut aller vite, on se fait parfois « bousculer » par les chefs.
Donc, les deux premiers mois de stages ont été marqué par énormément de stress. Je me mettais aussi une sacré pression pour réussir. Mais, ça a été une super expérience. J’avais déjà un bon niveau à la maison, mais j’ai appris tellement de choses !

Le seul remarque négative que je pourrais dire sur mon stage est que j’ai eu très peu de mot encourageant comme « c’est bien » de la part des chefs. Ca a l’air anodin mais ces deux mots est source de motivation. C’est gratifiant et ça permet de prendre plus de confiance en soi.
Tous les pâtissiers professionnels ont eux aussi traversé les différentes étapes de l’apprentissage : découvrir les gestes du métier, commettre des erreurs, recommencer et progresser avec le temps. Lorsqu’on débute, il est normal d’avoir besoin de temps pour acquérir les techniques et gagner en assurance. Donc, je trouve qu’un petit peu d’encouragement ça permet de nous booster.

Si tu devais résumer ton année de pâtisserie en quelques mots, quel bilan en ferais-tu ?

Cette année de formation a été particulièrement enrichissante, tant sur le plan des apprentissages que des expériences vécues. Notre professeur de pratique nous a accompagné avec beaucoup de bienveillance et nous a constamment encouragés à progresser. De plus, l’ambiance au sein de ma classe était excellente. Il n’y avait aucune compétition entre nous ; au contraire, nous faisions preuve d’une véritable solidarité et nous nous entraidions régulièrement !

Smiling baker with cupcakes in a cozy kitchen setting.

Retrouvez la suite de son témoignage lors de son examen de pâtisserie

Je remercie Sylvie pour son témoignage car il y a plusieurs parcours possibles pour obtenir le CAP pâtissier. Vous pouvez lire également mon témoignage sur ma reconversion dans le métier.

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